Avant de quitter Iraq, ce qu'il a fait en 2006, Hakeem travaillait comme traducteur pour le Ministère des Déplacements et des Migrations, et il a été enseignant pendant sept ans. Ce n'est qu'en 2011 – après avoir terminé le Cours dans les Marges dispensés par le JRS et le Jesuit Common Higher Education, et avoir enseigné l'Anglais comme deuxième langue, que Hakeem a fini par trouver un emploi dans le Centre Deir Vartan.
Le voyage d'Hakeem a été long et difficile. Avant de fuir l'Iraq, il a été arrêté, ce que Hakeem attribue au fait qu'il est musulman sunnite, la minorité qui a dirigé le pays pendant des années. A son arrivée à Damas, il a vécu tout seul pendant six mois, à nouveau sans amis, sans famille et sans emploi.
Avant de s'installer à Alep, il s'est dirigé vers la ville toute proche de Izaz située au nord de la Syrie. Mais en pure perte, jusqu'à ce qu'il entende parler du Centre Deir Vartan.
«J'essayais de me faire des amis, mais mon instabilité émotionnelle me desservait. J'étais virtuellement isolé de tous. Je cherchais ce qui pourrait changer ma vie lorsque j'ai entendu parler du centre du JRS et des services qu'il propose. J'ai alors décidé de m'y rendre», déclare Hakeem.
Après avoir rencontré l'Assistant pour l'Education et avoir acquis une meilleure compréhension des services offerts aux réfugiés, Hakeem s'est inscrit dans un cours intitulé Enseigner l'Anglais comme deuxième langue, organisé en coopération avec un certain nombre d'universités américaines. Ce qui s'est avéré être le nouveau départ que cherchait Hakeem.
«Je n'avais [toujours] pas d'amis ni de famille, et de temps en temps j'étais désespéré; et c'était vraiment formidable d'entrer en contacts avec d'autres personnes. M. Yahya, le professeur, était très aidant et fiable, et le groupe des enseignants était super», déclare Hakeem.
«Nous avons travaillé en équipe en dépit de nos différences d'âges, de nationalités et de religions. Nous avons tous été traités équitablement; nous avons vraiment travaillé comme une famille. Le cours m'a fourni un cadre défini et m'a aidé à surmonter mon isolement, ma timidité et mon désarroi», poursuit-il.
«En venant au Centre j'avais l'impression de rentrer chez moi, dans ma famille. J'ai commencé à laisser derrière moi les problèmes vécus en Iraq. J'apprécie de pouvoir enseigner aux étudiants et je me sens moi-même lorsqu'ils sont enthousiastes et ambitieux», ajoute Hakeem.
Hakeem semble en avoir terminé avec des années de solitude. Il a de nouveaux amis, un nouveau travail, et commence une nouvelle vie. Mais les bouleversements qui agitent la Syrie lui rappellent la fragilité de sa nouvelle situation.
Craignant pour sa sécurité s'il est forcé de rentrer en Iraq, Hakeem est aussi inquiet à l'idée de perdre ses nouveaux amis et son nouveau travail.
«J'aimerais rester en Syrie», conclut-il.
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